BLOG

Sportus Politicus #4 - Le sport est-il l'avenir de la santé ?

 

 

Par Vincent Chaudel (le figaro)

 

 

 

Le vendredi 5 août 2016, tout le monde sportif (et politique) s'est donné rendez-vous pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Rio. Plus qu’une vitrine du sport de compétition, les JO sont pour beaucoup d’entre nous, petits et grands, déclencheurs d’envie de pratique, de bonnes résolutions voire d’inscriptions dans les clubs (associatifs ou privés) de quartiers. Comment passer du sport professionnel au sport pour tous ? Comment adopter la culture sportive alors que dans le même temps on est souvent tenté par l’éffort minimum ? Et surtout, quels enjeux majeurs, sociétaux et même de santé publique existent aujourd’hui sur cette thématique ?
 

Sportus Politicus #4- Le sport est-il l'avenir... par Sport et citoyennete

 

Le sport comme outil au service de la santé ? On dit souvent que le sport c’est la santé, mais qu’en est-il réellement ? Alors que notre société se modernise à grand renfort d’outils et d’innovations techniques et technologiques, menant peu à peu à l’augmentation de la sédentarité des français, quel est le rapport des Français au sport ? Alors que les études liant activité physique et santé se multiplient, à l’instar de la récente étude européenne PASS qui démontre l’impact positif de la pratique d’une activité physique régulière sur notre santé, la situation n’a jamais aussi paradoxale ; les acteurs du sport se multiplient mais les pratiquants, eux, boudent les terrains. Si les adeptes du running n’ont jamais été aussi nombreux, comment expliquer que l’inactivité physique soit devenue en quelques années une question de santé publique en France comme en Europe.

 

Sportus Politicus s’adresse d’abord aux jeunes, les nouveaux citoyens, qui pour beaucoup d’entre eux voteront pour la première fois à la présidentielle 2017. Les jeunes qui feront la société, le sport des cinquante prochaines années. Pour 60,1 % des 18/25 ans, qu’Audencia a sondés, le sport est une « arme de santé massive »qui augmente la durée de vie en bonne santé et peut également avoir des bienfaits sur le moral dans la vie personnelle et dans la vie professionnelle. Pour Roselyne Bachelot-Narquin, ministre à de nombreuses reprises et, notamment de la santé et des sports, de 2007 à 2010, il n’a pas toujours été facile de faire bouger les lignes du système politique français. Intégrer le sport dans un grand ministère avec la santé relevait justement de la volonté de « dé-cornériser » le sport. L’ancienne femme politique devenue femme médiatique rappelle que « la sédentarité est un facteur de majoration de toutes les maladies ». En France, l’obésité touche plus de 6 millions de personnes et coûte plus de 5 milliards d’euros par an en termes de dépenses de santé. Une prise de conscience s’impose donc à tous, décideurs comme citoyens, « juniors » comme séniors. Pour Denis Masseglia – président du CNOSF, « on doit pouvoir arriver à convaincre que miser et investir sur le sport rapporte beaucoup plus que ça ne coute ». Une étude européenne présentée par Sport & Citoyenneté fait apparaître que 84% des décideurs politiques en Europe n’ont pas conscience du lien entre santé et activité physique. Tout l’enjeu politique (et économique) est bien là : faire comprendre à tous la nécessité de bouger.

 

Dans le monde, un adulte sur 10 est obèse. En 10 ans, cette proportion a quasiment doublé. En 2014, on estimait que 41 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient en surpoids ou obèses. L’ancienne Ministre précise qu’en France « seuls 25% des garçons et 11% des filles font 60 minutes d'activité physique par jour ». La clé passe évidemment par l’école, la médiatisation des bienfaits du sport et quelques icones. Tout comme Roselyne Bachelot, nous pouvons tous regretter que « notre système éducatif ne valorise pas les performances en sport ». Dans notre pays d’arts et de lettres, nous caricaturons encore trop souvent le sportif, privilégiant et valorisant plus les parcours académiques que les expériences terrains. Pour celui qui fut surnommé l’anesthésiste, « le sport spectacle est un bienfait qui donne aux gens l'envie de pratiquer ». Mais la médiatisation du sport induit en retour une exigence d’équité entre les compétiteurs et d’exemplarité notamment pour assumer le « role-model » auprès des jeunes. En matière de dopage, lorsque les faits sont avérés, Sébastien Chabal est catégorique : « La sanction doit être la radiation à vie … le haut niveau demande énormément d’efforts que le dopage entache ». L’affaire russe et les difficultés pour la famille olympique à prendre des sanctions pourraient altérer dans l’esprit de bien des parents, les atouts de la pratique du sport.

 

Soyons positif, le mouvement semble être enclenché tant chez les citoyens que chez les politiques. 74,9 % des jeunes sondés sont favorables à la nouvelle loi santé(Loi Tourraine 2015) qui indique que le sport pourra désormais être prescrit sur ordonnance. Et 88,6% d’entre eux souhaitent une incitation de la pratique sportive en entreprise. La fédération mondiale du sport d’entreprise est présidée par un Français, Didier Besseyre, pourtant la France est encore en retard sur ses voisins européens en termes de sensibilisation de l’apport du sport en entreprise. Pour l’entrepreneur Sébastien Chabal (et son fitness boutique tour), « le sport, c’est plus de bien-être et de performance pour l'entreprise ». Selon Roselyne Bachelot, «les gens pensent que le sport coûte cher, nous devons casser cette image » et rendre l’activité accessible d’un point de vue pratique et économique. Voilà qui à horizon 2017 pourrait bien ressembler à un challenge pour nos politiques qui permettrait ainsi au sport de ne plus être une activité annexe, mais une philosophie de vie. Tout un programme ...

Please reload

retour en haut

Nous suivre

  • Facebook - White Circle
  • Instagram - White Circle

​©2016 Bloom Pilates

identité visuelle & web design Laura Marqueyssat